Résultats de recherche

Résultats de recherches auxquelles est associée Soin de la Terre

 

Vous trouverez ci-dessous quelques articles scientifiques publiés ou comptes-rendus

 


L’association Soin de la Terre participe au projet écovitisol qui s’étend sur la période 2019 – 2023.

Ce projet devrait permettre d’avancer, sur les aspects microbiologiques des sols viticoles, en rapport avec les pratiques culturales et notamment en comparant les pratiques conventionnelles, biologiques et biodynamiques.

Menée par l’INRAE de Dijon, au moyen d’outils de pointe, et de personnes compétentes, les résultats seront certainement intéressants et riches d’enseignements.

Nous les partagerons sur ce site, dès qu’ils seront disponibles au public.

Ci-dessous une description du projet tel qu’il a été validé par  l’Office Français de la Biodiversité.

source: https://professionnels.ofb.fr/fr/node/29

Projet Ecovitisol

Impact des pratiques viticoles sur la qualité microbiologique des sols

A lire : article de présentation EcoVitiSol sur Linked’In

Objectifs

Le projet EcoVitiSol a pour objectif d’évaluer l’influence des différentes pratiques viticoles (conventionnel vs AB vs Biodynamie) sur la qualité microbiologique des sols.
La qualité microbiologique des sols sera analysée par des outils modernes de microbiologie moléculaire basés sur l’extraction et la caractérisation de l’ADN du sol. Ces outils permettent d’aborder des notions fondamentales d’abondance et de diversité microbiennes (Bouchez et al., 2017) mais aussi des réseaux d’interactions biologiques et de fonctionnalité des sols (Karimi et al., 2016). La diversité taxonomique des sols sera traduite d’un point de vue fonctionnelle par l’utilisation de logiciels comme PICRUST (Langille et al., 2013) pour la diversité bactérienne et Funguild pour la diversité des champignons (Nguyen et al., 2016).

Ces outils appliqués sur un tel réseau de parcelles viticoles, permettront d’améliorer significativement nos connaissances sur l’impact des pratiques viticoles sur la qualité des sols. Ces outils seront aussi validés, avec le collectif d’acteurs impliqués (viticulteurs et interprofession), comme des bioindicateurs pertinents de la qualité du sol afin d’en réaliser un diagnostic opérationnel grâce à des référentiels d’interprétations nationaux (Horrigue et al., 2016 ; Terrat et al., 2017, Cannavaciulo et al., 2017).

En parallèle, des outils d’observation de terrain sur la stabilité structurale du sol (slake test, test bêche), sur la vigueur et la santé de la vigne seront aussi appliqués par les viticulteurs qui auront été préalablement formés (Soustre-Gacougnolle et al., en révision).

Organisation

Supports de recherche

Ce projet sera basé sur un réseau de parcelles viticoles chez les viticulteurs au sein de 3 territoires : l’Alsace (vignobles de Westhalten et Dambach la ville), la Côte d’or (vignoble de la côte de Nuits) et la Saône et Loire (vignoble de Macon-Cluny). La variabilité des pratiques au sein des différents systèmes sera aussi prise en compte afin de, si possible hiérarchiser l’impact de certaines d’entre elles sur la qualité biologique des sols (enherbement, travail du sol, réduction des pesticides, amendements organiques).

Dispositif d’étude : ~ 20 parcelles dans chaque territoire en équilibrant la représentativité des parcelles en pratiques conventionnelle, AB et en Biodynamie.

Une stratégie de recherche participative sera développée avec les viticulteurs pour les impliquer dans l’acquisition des données et assurer l’efficacité du transfert des outils et des connaissances acquises.

Consortium

Ce projet associe des partenaires institutionnels de la recherche (INRA Dijon et Colmar), de l’interprofession viticole (Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne, BIVB), du monde associatif (Soin de la terre), du développement agricole (GIEE de Westhalten) et une société privée (Biodynamie services).

Démarche et livrables associés

  1. Mise en place de la stratégie d’échantillonnage des sols : choix des parcelles, enquête sur les pratiques viticoles, mise en œuvre de l’échantillonnage avec les acteurs (profession/interprofession) via des ateliers de recherche-action-participative, pour bien caractériser les pratiques viticoles sur un plan agronomique et technique, et approfondir les questions de représentation des sols, au sens sociologique et anthropologique.
  2. Caractérisation de la biodiversité des sols et de la santé de la vigne : analyses de microbiologie moléculaire, analyse de génomique végétale, observation terrain, analyses statistiques, interprétation pour évaluer l’influence des différentes pratiques viticoles (conventionnel vs AB vs Biodynamie) sur la qualité microbiologique des sols.

Les connaissances produites, seront validées dans un registre académique (1) pourront servir de support aux politiques publiques dans le cadre de la transition agro-écologique (2), et permettront aux collectifs impliqués une appropriation des indicateurs développés dans leurs pratiques au jour le jour (3).

Les porteurs de projet attendent également une réflexivité collective dont la structuration devrait favoriser les interactions entre acteurs souvent en dissensus ainsi qu’un engagement dans le changement de pratiques viticoles. La restitution et discussion des résultats obtenus seront réalisées avec l’ensemble des acteurs, notamment les différents groupes de viticulteurs.

 


 

Stabilité des agrégats et évaluation visuelle de la structure du sol dans la culture biodynamique des sols des vignobles de Bourgogne

Publication en anglais (Traduction Deepl – Y. Lemut), juillet 2021, dans Biological Agriculture & Horticulture sous la direction de Jürgen Fritz. Avec entre autres coauteurs Pierre Masson.

Lien vers la publication: https://doi.org/10.1080/01448765.2021.1929480

 

Fritz et al. 2021 Aggregate stability and visual eval. …pdf

RÉSUMÉ en français

Une approche sur le vignoble a été utilisée pour étudier les effets des préparations biodynamiques de bouse de corne [ndt: 500P] et de silice de corne (BD) sur la structure du sol dans cinq vignobles situés sur des sols différents et qui ont été sous gestion biologique pendant des durées différentes.
L’hypothèse sous-jacente était que les effets des préparations biodynamiques augmentent la stabilité des agrégats et améliorent la structure du sol.
Les résultats ont montré que la stabilité des agrégats du sol pendant le tamisage humide n’était pas différente dans le traitement avec les préparations biodynamiques (BD+), par rapport à celui sans préparation (BD-).
Sur la base de l’évaluation visuelle de la structure du sol (VESS), les améliorations de la structure du sol dans le traitement BD+, par rapport à BD-, n’étaient pas significatives pour les macropores/biopores, le test de chute [ndt: drop test] de la terre végétale ou la couleur du sous-sol, mais des améliorations significatives ont été observées dans le test de chute du sous-sol (p = 0,009), la couleur de la terre végétale (p < 0,000), la pénétration des racines (p = 0,017), la structure de la surface (agrégats stables, peu de croûtes, p = 0,006), la structure de la terre végétale (p = 0,030), la structure du sous-sol (p < 0,000) et le changement de couleur de la terre végétale au sous-sol s’est fait à une plus grande profondeur (p = 0,049).
Sur la base des résultats précédemment rapportés montrant des changements significatifs dans l’activité microbienne du sol du traitement BD+, en utilisant les mêmes échantillons de sol, il a été pensé que les différences observées dans la structure du sol entre BD+ et BD- étaient liées aux différences dans l’activité microbienne.

mots-clés: Stabilité des agrégats ; bouse de corne ; silice de corne ; VESS ; viticulture.

 


Synthèse des connaissances scientifiques sur l’impact du cuivre sur la biodiversité des sols de vigne

En 2020, nous avons initié un travail de recherche sur l’Impact et l’Accumulation du CUivre dans les Sols Agro-viticoles. Ce projet nommé IACuSA a été mené par le cabinet Novasol Experts en lien avec une équipe de chercheurs de l’Inrae de Dijon, et accompagné par un groupe de vignerons. Il a pu être mené grâce au financement généreux de domaines et d’organismes viticoles. L’association Soin de la Terre a joué un rôle de premier plan tant dans la genèse que dans le suivi du projet.
Ce travail dont l’objectif était d’évaluer les données scientifiques existantes concernant les problématiques liées à l’usage du cuivre a donné lieu à deux publications récentes, l’une dans la revue internationale Environmental Chemistry Letters, l’autre dans la revue française Etude et Gestion des Sols.

Nous vous invitons à lire ces articles. Vous trouverez sur le lien suivant non seulement les articles publiés, mais aussi le rapport complet ainsi qu’un résumé.

https://novasol-experts.com/synthese-ecotoxicite-cuivre-sols-viticoles/

RÉSUMÉ

Pendant 150 ans, le sulfate de cuivre a été utilisé de façon intensive comme fongicide pour lutter contre les maladies de la vigne. De ce fait, le cuivre s’est fortement accumulé dans les sols viticoles, atteignant des concentrations potentiellement nocives pour les organismes des sols. Bien que les doses de cuivre appliquées aujourd’hui soient 10 fois plus faibles qu’il y a 50 ans, son utilisation dans le contexte de la transition agroécologique est encore soumise à débat car il est un des rares pesticides autorisés en agriculture biologique. Dans ce travail, nous avons conduit une méta-analyse de la littérature académique internationale pour objectiver l’impact du cuivre sur la qualité biologique des sols quand il est appliqué aux doses agricoles actuelles, mais également l’impact de son accumulation dans les sols. Parmi les 300 articles passés en revue, seulement 19 répondaient à la question de façon pertinente. Les résultats montrent que l’activité microbienne décroît de 30% à l’application d’une dose supérieure à 400 kgCu/ha/an. L’abondance des nématodes reste inchangée pour des doses de cuivre jusqu’à 3 200 kg/ha/an. La reproduction des collemboles et des enchytrées diminue de 50 % après application de 400 et 1895 kgCu/ha/an respectivement. La biomasse lombricienne est réduite de 15 % après application de 200 kgCu/ha/an. D’autre part, dans des sols avec des teneurs en cuivre supérieures à 200 kgCu/ha, la respiration microbienne est réduite de 50 %. Aucun effet des teneurs en cuivre du sol n’est observé sur les collemboles. Globalement, bien qu’une toxicité du cuivre soit observée sur la biodiversité du sol, la littérature montre qu’elle concerne des doses au moins 50 fois supérieures à la dose de 4 kgCu/ha/an actuellement autorisée par la Commission Européenne en viticulture. Par conséquent, appliquer du cuivre à 4 kgCu/ha/an ne devrait pas substantiellement modifier la qualité et les fonctions biologique du sol.

Traduit avec la permission de Springer Nature Customer Service Centre GmbH à partir de Karimi, B., Masson, V., Guilland, C. et al. Ecotoxicity of copper input and accumulation for soil biodiversity in vineyards. Environ Chem Lett (2021), Springer. doi: 10.1007/s10311-020-01155-x

Mots-clés: Cuivre, sol, biodiversité, vignes, agriculture, synthèse.

 


 

Réponses de la diversité microbienne fonctionnelle à la gestion biodynamique dans les sols du vignoble bourguignon

Jürgen Fritz , Ramia Jannoura , Finja Lauer , Jona Schenk , Pierre Masson & Rainer Georg Joergensen

Publication en anglais (Traduction Deepl – Y. Lemut), mai 2020, dans le Journal Biological Agriculture & Horticulture (vol 36,2020- issue 3) sous la direction de Jürgen Fritz. Avec entre autres coauteurs Pierre Masson.

Lien vers la publication: https://doi.org/10.1080/01448765.2020.1762739

RÉSULTATS: Les résultats de cette étude suggèrent que l’usage des préparations biodynamiques ont des effets contraires équilibrants sur la diversité fonctionnelle microbienne dans différentes conditions de sol et que ces effets peuvent augmenter avec le nombre d’années d’application. Il faudrait analyser davantage de vignobles pour différencier les effets du type de sol et de la durée d’application des préparations biodynamiques.

RÉSUMÉ: Une approche sur le vignoble a été utilisée pour étudier les effets des préparations biodynamiques (BD) sur la biomasse microbienne du sol et la diversité fonctionnelle microbienne dans cinq vignobles sur des sols calcaires sous gestion biologique. Les vignobles ont été répartis en deux groupes selon le type de sol : leptosols cambriques (A1, A2 et B) et leptosols calcaires (C1, C2), ainsi qu’en deux groupes selon la durée d’application des préparations biodynamiques : 16 ans (A1 et A2) et 1-3 ans (B, C1 et C2). Les deux leptosols calciques contenaient en moyenne 65 % de biomasse microbienne C en plus, 110 % de biomasse microbienne N en plus, 70 % d’ergostérol en plus et présentaient un taux de respiration basale 45 % plus élevé que les trois leptosols cambiques. Les vignobles présentaient en moyenne un rapport MB-C:N inférieur de 11 % dans les traitements avec l’addition de BD (BD+) par rapport à ceux sans (BD-). La plupart des substrats ont induit les réponses respiratoires les plus élevées dans les vignobles A1 et A2 et les plus faibles dans le vignoble C2. En faisant la moyenne des 17 substrats de l’approche de la respiration induite par plusieurs substrats (MSIR), la réponse respiratoire moyenne était environ 20 % inférieure dans le traitement par BD+ dans le vignoble A1 par rapport au traitement par BD-, mais 33 % supérieure dans le vignoble C2. Les différences entre les traitements par BD dans la fréquence respiratoire induite pour les substrats individuels étaient significatives pour 12 substrats dans le vignoble A1 et pour 5 substrats dans le vignoble C2. Plus la réponse respiratoire était faible, plus la demande anabolique pour un substrat MSIR spécifique était élevée. Davantage de vignobles devraient être analysés pour différencier les effets du type de sol et de la durée d’application des BD.
MOTS CLÉS : Biomasse microbienne, ergostérol, respiration induite dans plusieurs substrats, calcaire, viticulture, bouse de corne.


Dossier d’étude technique (BTS Viticulture-Œnologie 2019) : Impact des préparations 500P et 501 sur une parcelle de Chardonnay.

A. Gontard

Étude Technique A. Gontard